Ben dis-donc ca fait un moment que je ne suis pas venue trainer par ici... c'est les vacances, c'est pour çà!! J'ai les filles à la maison et du coup ça m'occupe bien... Bon en tout cas j'ai la tête en ébullition... j'ai postulé pour un boulot, eu un entretien, mais pas le job (m...e!) et je continue de voir des annonces qui m'interpellent. Je suis sur le chemin de la liberté. Oui, car passer 8 heures au travail, toute seule, sans obligations familiales, sans quelqu'un qui me sollicite à longueur de journée, et pas forcément gentiment, voir qui me parle hyper mal ou en hurlant, ca représente pour moi une forme de liberté; celle de pouvoir vivre ma vie, un peu plus égoïstement, bouffer quand je veux et ce que je veux, flâner, penser ou divaguer sans interruption. Et puis surtout je crois que j'ai besoin de reconnaissance, de quelqu'un qui me dise régulièrement "c'est bien ce que tu fais, merci". Car honnêtement, qui des mamans au foyer de la blogosphère reçoit assez de reconnaissance chaque jour? Pas moi en tout cas!!

Certains diront "oh mais vraiment, préférer bosser à élever ses enfants!!". Well, ma famille reste ma priorité. Mais je l'ai beaucoup fait passer avant tout autre chose depuis plusieurs années. Et là j'ai vraiment besoin de me sentir exister en dehors... tiens par exemple, en écrivant ce mot, je suis interrompue CONSTAMMENT par ma fille de presque 9 ANS (!!) qui me pose des questions sur la façon d'écrire tel et tel mot (que par ailleurs elle sait très bien écrire). J'ai l'impression de manquer d'air. Je me dis aussi que les enfants ont besoin de grandir un peu, de s'émanciper, et mon omniprésence à la maison ne les y incite pas trop.

Et je ne parle pas de ma relation de couple!!!

Gagner des pépètes, ne pas faire que prétendre inviter tout le monde au resto, s'enrichir de nouvelles rencontres, avancer en surmontant d'autres types d'obstacles que les otites à répétition ou les genoux de pantalons déchirés, ne pas avoir le temps de regarder par la fenêtre et y voir la grisaille du ciel...

Certaines femmes sont faites pour élever leurs enfants de façon professionnelle. Elles s'épanouissent en s'investissant complètement à rendre heureux leurs enfants et leur mari, à s'occuper de la maison et de tous les détails de la vie quotidienne. Je me suis souvent demandé d'où leur venait cette forme d'ambition et de persévérance. Je crois que je suis fondamentalement différente, et pourtant je perçois la richesse de cette expérience. Et je suis convaincue qu'elle devrait être bien plus valorisée qu'elle ne l'est, comme c'est le cas dans d'autres pays, car être une bonne maman à 100% requiert toute une kyrielle de compétences que beaucoup de business women n'ont peut-être pas... Il n'en reste pas moins que je m'ennuie chez moi. J'ai installé la famille, trouvé la bonne maison, , je l'ai meublée, j'ai accroché les tableaux, fait faire les rideaux, dévalisé Ikea trois fois, inscrit les enfants à l'école et suivi leur premiers pas, inscrit les enfants aux activités périscolaires, invité les copains-copines, inscrit la famille à la commune, enregistré la voiture à la douane et commandé les nouvelles plaques d'immatriculation, organisé les prochaines vacances, refait ma garde-robe d'hiver et celles des filles (vive les soldes!), anticipé les deux prochaines années, découvert la ville en voiture (et sans GPS - je suis assez fière), et à pieds, et en tram, et en métro, j'ai repris contact avec mes copines d'Europe, j'ai déjà accueilli du monde, j'ai fait de nouvelles connaissances, et revu d'anciennes, j'ai bossé bénévolement pour un copain, et tout cela en moins de 4 mois, et ce n'est que la partie immergée de l'iceberg.

Combien de fois m'a-t-on dit merci pendant tout ce temps? A votre avis???

En fait, je ne crois pas avoir besoin seulement d'un boulot (c'est un leurre de croire que s’engager ailleurs va me libérer profondément), j'ai besoin d'un break, d'un peu de temps pour moi, pour construire quelque chose qui me fasse du bien. J'ai besoin d'un voyage, d'une aventure. En réalité, j'ai une idée... je vous dis si j'arrive à me l'imposer. Car la culpabilité dans tout ça, on n'en a pas encore parlé!

Bonne journée!